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Théâtre en folie

La 2e édition du festival des Théâtres de Bourbon se déroule du 1er au 9 août dans plusieurs lieux emblématiques.

Malgré cette année 2020 désastreuse pour la tenue des performances artistiques de tous ordres, le Festival des Théâtres de Bourbon revient cet été pour une 2e édition du 1er au 9 août, toujours en plein air.


Le peu de promotion officielle l’an dernier avait teinté sa découverte inopinée par nombre d’entre nous en une expérience extatique très personnelle. Avec 44 représentations et 18 spectacles différents sur 5 jours l’an dernier dans les parcs de 4 lieux d’exception du territoire de l’Allier, dont le CNCS, l’organisateur Pierre Deusy, nous avait offert « une programmation originale où les classiques se mêlaient au moderne, les auteurs cosmopolites à ceux du terroir, les poètes aux prophètes, les juifs philosémites aux moins philosémites par des troupes professionnelles et à des prix si raisonnables que l'on a pu réitérer les expériences à l'envi pour étancher notre soif du spectacle vivant.

 

Pour cette nouvelle édition 2020, l’ambition de partage est de nouveau au rendez-vous : nous aurons droit à 64 représentations, 18 spectacles différents et une vingtaine d’animations supplémentaires au chapeau sur 8 jours et sur les sites patrimoniaux de Monétay-sur-Allier (Château de Lachaise), Veauce (Manoir des Noix et Église Romane) et Monteignet-sur-l’Andelot (Domaine de la Quérye, ancienne châtellenie de la seigneurie de Gannat). Une lecture théâtrealisée et des ateliers créatifs (représentation de costumes imaginaires et décoration de masques) auront également lieu le week-end.

 

Parmi la multitude de nouveaux programmés cette année nous reviendra tout de même une des représentations enchanteresses de l’année passée « Barbara ou rêvent mes saisons », conçu et interprété avec délicatesse et justesse par Apolline Roy, qui nous offre dialogues et chansons entre trois époques de la vie d’une femme, comme en reflet des mouvements de son âme, à la manière d'un journal intime, une femme, qui fut aussi l’une de nos plus marquantes divas nationales.

Retour sur la première édition
La qualité de chacune de ces représentations de la première édition 2019 nous avait emportés, et à titre tout à fait personnel, m’avait tout particulièrement émue, frappée, remuée, retournée la troupe établie charento-maritimaise LaBelles&Cie qui nous avait offert 3 spectacles et performances extraordinaires :
- « Les Soliloques de Mariette », basés sur l’œuvre d’Albert Cohen « Belle du Seigneur », dans lesquels Mariette se racontait tout en vaquant à ses tâches de domestique. Sa dévotion, sa solitude, ses regrets retenus et l’acceptation des limitations de sa vie, énoncés dans le langage cocasse et plein de bon sens des gens du petit peuple de ces années-là nous ont rappelé à tous, les quelques 10 spectateurs que nous étions ce jour-là pour ce 1er spectacle au Château d’Idogne de Monteignet-sur-L’Andelot, qui une arrière-grand-tante, qui une ancienne employée, et cette incursion dans un passé à jamais disparu n’avait pas de prix, sinon celui, nostalgique, des paradis perdus.
- « Fricassée de berniques sur lit de Prévert », lectures et chansons à 3 voix (4 habituellement) de textes peu connus, poétiques et politiques de Jacques Prévert ponctués de chansons et compositions musicales originales de la troupe. Celle-ci nous emportait dans une montée polyphonique où seuls les mots, leur musique, les rires, et ce qu’ils révèlent de nous importait.
- et enfin « Port Racines », écriture théâtrale originale à trois mains dotée d’une langue riche, crue et poétique, d’un regard qui questionnait les difficultés d’être, aujourd’hui, vivant sur la Terre, dans un huis clos entre terre ciel et mer, avec quatre personnages, deux enfants et une vieille et la mer qui en a marre. Une pièce qui faisait résonner au plus fort notre besoin de lien, d’amour, d’appartenance, et nous confrontait à la condition solitaire de nos vies, jusque dans la mort.