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Les coups de coeur d'Aurélie - Allier Tourisme - Jeudi 25 Janvier 2018 /// N°438

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Ambassadeur

Partez à la découverte des églises peintes du Bourbonnais avec notre ambassadeur Jean-Luc.

Passionné d’architecture et d’art religieux, je me suis vu comblé en découvrant ce que l’Allier recèle de trésors dans ce domaine. Mes premières pérégrinations sur ce thème m’ont mené à rechercher, a priori, les églises peintes anciennes, plutôt d’époque romane, des XIe et XIIe siècles, telles que celles de Droiturier, Bègues, Saulcet, Mazerier, voire plus anciennes comme celle d’Ébreuil… Mais j’ai eu la surprise de constater que des édifices plus récents, construits au XIXe siècle, étaient eux aussi décorés de peintures murales, comme à Ferrières sur Sichon, La Chabanne et Arfeuilles.

 

Certes, certaines fresques méritent une grande et méticuleuse restauration. Parfois l’on peine à discerner les personnages et les scènes, mais elles restent admirables. L’impression d’ensemble est l’émotion de pouvoir contempler ces oeuvres très symboliques, parfois naïves, qui ont traversé et subi les affres du temps. Ce temps qui a dégradé lentement les pigments, l’humidité qui a attaqué le support mural et décrépi les surfaces, et l’homme qui, par le passé, s’est acharné à faire disparaître les images chrétiennes lors des guerres de religion et pendant la révolution française.

Mais, heureusement, tout n’a pas disparu ! Je vous propose quelques images et brèves explications de ces petites merveilles éparpillées dans le département.

 

J’espère que mes photos vous inciteront à partir à la découverte… Il m’en reste beaucoup à visiter et mon enthousiasme est grand !

Ébreuil, église Saint-Léger.

Au bord de la Sioule, l’église a été bâtie dès 906 suivie par l’édification d’une abbaye à la mémoire de l’évêque d’Autun. Une châsse du XVIe siècle contenait les reliques de saint-léger.

Elles furent jetées dans la Sioule par les révolutionnaires.

La nef renferme un ensemble de peintures romanes recouvrant les parois des tribunes, réalisées vers 1125, ainsi que sur certains piliers.

 © Jean-Luc Fontaine
 © Jean-Luc Fontaine

Droiturier, église Saint-Nicolas.

Église prieurale dédiée à la Sainte Croix. Datée des XIe et XIIe siècles, son clocher-porche a été construit au XIXe.

À l’intérieur, la chapelle sud dédiée à La Vierge est décorée d’étonnantes peintures murales en trompe-l’oeil datant du milieu du XVIIIe siècle. Elles représentent les invocations des litanies de la Sainte-Vierge.

 © Jean-Luc Fontaine
 © Jean-Luc Fontaine

Saulcet, église Saint-Julien.

Datée du XIIe siècle, sa flèche pyramidale en pierre est du XIVe siècle, exceptionnellement allongée. Une église que l’on repère d’assez loin !

La plus grande partie des murs et des voûtes est magnifiquement décorée. De nombreux thèmes sont illustrés, bibliques mais aussi historiques et légendaires tels qu’une représentation de Saint Louis, “Le dit des trois morts et des trois vifs” et “Le miracle du pendu dépendu”… 

 © Jean-Luc Fontaine
 © Jean-Luc Fontaine

Bègues, église Saint-Aignan.

Édifice construit au XIIe siècle, remanié à plusieurs époques notamment lors de la surélévation des voûtes. Saint Aignan est l’évêque d’Orléans qui participa à la défaite d’Attila.

Au-dessus de la porte, une peinture d’époque gothique représente l’Annonciation. À sa gauche, un donateur ou peut-être saint Aignan ?

L’intérieur de cette petite église est décoré de fresques formées de frises, d’animaux fabuleux, de motifs géométriques dans des tons ocres rouge et jaune, bruns soulignés de noir.

 © Jean-Luc Fontaine
 © Jean-Luc Fontaine

Mazerier, église Saint-Saturnin.

Un édifice du XIe siècle dont les peintures murales présentent de nombreux sujets comme l’Adoration des Mages, représentés accompagnés du donateur, Thévenin Vodable, qui fit cette donation en 1383. On y trouve aussi des graffitis gravés dans la pierre aux XVIe et XVIIe siècles.

À travers les siècles la décoration des églises s’est transformée. Les techniques aussi ont évolué et la peinture murale, au XIXe siècle, est parfois devenue toile ou papiers peints collés, recouvrant entièrement les murs. Une technique moins contraignante qui a permis d’enrichir les décors dans les styles des mouvements artistiques de cette période.

 © Jean-Luc Fontaine
 © Jean-Luc Fontaine

Arfeuilles, église Sainte-Germaine.

Préalablement dédiée à saint Pardoux, l’église du XIIe siècle a été remplacée par l’actuel édifice construit entre 1868 et 1882.

C’est grâce au chanoine Jouannet que, sur ses propres deniers, l’église a été décorée par un peintre local, Raymond Martinez, vers 1920. On retrouve quelques touches de l’influence des styles ”Art nouveau” et “Art déco”, dans la conception géométrique des frises et la disposition des motifs.

 © Jean-Luc Fontaine
 © Jean-Luc Fontaine

La Chabanne, église Notre-Dame.

C’est en ce lieu que passait, au XVe siècle, la frontière de province entre l’Auvergne et le Bourbonnais.

La construction de cette église commença en 1836, mais rapidement jugée trop petite elle fut agrandie, puis deux chapelles sont ajoutées après avoir bâti le clocher et sa flèche. Une nouvelle nef est entièrement refaite en 1889 et enfin le clocher sera de nouveau remplacé en 1900 !

L’originalité de cette église est son décor mural de papier peint, commandé par l’abbé Mercier dans les années 1933/35. Il offre la particularité de présenter aux paroissiens un véritable catéchisme où textes et images se complètent le long des murs. Cette décoration instructive a été entièrement restaurée récemment.

 © Jean-Luc Fontaine
 © Jean-Luc Fontaine

Ferrières-sur-Sichon, église Saint-Désiré.

Le bas de la tour du clocher ainsi que la petite abside à droite font partie de l’église primitive du XIIe siècle. Cette église, qui menaçait ruine, a été fort bien “réparée” en 1887, le clocher qui datait de 1776 a été surélevé d’un étage.

Un vitrail représente saint Vincent Ferrier dont le rocher Saint-Vincent porte le nom. Mais des peintures intérieures je n’ai rien appris, hélas !… Il n’en demeure pas moins que ce village encaissé, traversé par le Sichon, avec son château au donjon médiéval, est une jolie étape et la route qui y mène, partant de Cusset et passant par Arronnes, est des plus agréables.

 © Jean-Luc Fontaine
 © Jean-Luc Fontaine

D’autres églises et chapelles seront prétextes à de futures grandes balades dans l’Allier, en n’oubliant pas tous ces châteaux dans lesquels parfois elles se cachent… Soyons curieux, on ne risque rien de mal à apprendre !

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